Theo Courant

Chroniques quotidiennes d'infos culturelles, de trucs et astuces pour les voyageurs et autres curieux en Asie du Sud-Est : Thaïlande, Myanmar, Cambodge et Laos.



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Histoire de la tour hantée de Bangkok – Ghost Tower

Les crises économiques, les bulles financières qui explosent laissent parfois des traces monumentales dans le paysage urbain. La Sathorn Unique Tour en est une. Histoire de la Ghost Tower

Histoire d’une banqueroute

Située en plein cœur de Bangkok (voir plan ici), à une centaine de mètres du Chao Phraya, la  Sathorn Unique Tour ou Ghost Tower nargue de ses 49 étages la ville. En effet, Bangkok la dynamique, Bangkok la belle, Bangkok la touristique ne peut cacher cette tour symbole d’un écueil financier, d’un manque total de vision et d’anticipation.

Et pourtant, le projet à l’origine n’était pas en soi si osé. Il s’agissait simplement de construire une tour dans l’un des meilleurs emplacements de la ville. Le lieu était parfait, la période propice. L’affaire semblait bien engagée. La tour elle-même, promettait un certain rendu, l’architecte s’étant laissé aller à quelques excentricités. Les balcons en forme d’alvéoles laissaient présager une tour ressemblant étrangement à une grosse ruche verticale. A l’intérieur, 659 appartements dont un grand nombre de haut standing, devaient y voir le jour. Les ouvriers avaient commencé à installer baignoires, placards, gaines électriques, etc. mais la crise financière de 1997 stoppa tout.
Du jour au lendemain, la tour qui était à quelques mois d’être livrée, se retrouva dans un no man’s land juridico politico financier. Dettes, banquiers vérolés, propriétaires évaporés, etc. firent que la tour ne fut jamais achevée.

Voie sans issue

Depuis 1997, rien, si ce n’est les affres du temps qui ont fait leurs œuvres. Petit à petit, les dégradations volontaires ou non, les infiltrations d’eau, les plantes qui s’installent et gravissent étages par étages, transforment peu à peu cette tour grand standing en vaisseau fantôme immobile.

Quand la tour devient vaisseau fantôme

Et les fantômes, il y en a aux dires des habitants. La tour est maintenant un lieu qui est hautement dangereux en raison de trous profonds de plusieurs étages et des débris se décrochant de temps à autre. Le soir on y entend, paraît-il, des bruits suspects. De peur et par la coutume, quelques ouvriers/gardiens y ont bâti un petit temple. Les fantômes ne s’en approchent guère et le fidèle est lui un peu protégé de ses esprits rôdeurs et malveillants.

Les habitants du quartier ne sont pas les seuls à craindre ce vaisseau, les promoteurs et autres financiers ont bien tenté quelques projets de réhabilitation, mais là aussi, tous ont joué de malchance. Les uns après les autres, ils se sont retirés. Mais depuis peu, la rumeur laisse entendre qu’une holding chinoise serait prête à tenter l’aventure… Des travaux de déblaiements ont même repris, mais si l’on échange avec les ouvriers de ce nouveau regain, tous haussent les épaules et entonnent le même refrain : “on verra bien !”.

Visiter ou ne pas visiter ?

Les amateurs d’urbex (urban exploration) sont évidement tentés de grimper en haut de la Ghost Tower. Il y a beaucoup de films, de photos sur le net qui circulent. Dans les faits, il est important de savoir qu’il est totalement interdit d’y monter. Les autorités sont assez à cheval sur le principe. Les contrevenants risquent une amende de 5000 baht.

Cependant, pour ceux et celle qui veulent défier les autorités, ils leur sera nécessaire de soudoyer les gardiens et ensuite d’espérer que ces derniers n’appellent pas la police. En effet, ils peuvent avoir une rétribution en dénonçant les intrus. Visiter le Ghost Toxer présente donc une prise de risque conséquente : que ce soit par l’acte défectueux ou/et le danger de l’ascension.

En complément :

Contes et légendes, histoires de fantôme thaïlandais

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