Théo Courant

 

Chroniques quotidiennes d'infos culturelles, de trucs et astuces pour les voyageurs et autres curieux en Asie du Sud-Est : Thaïlande, Myanmar, Cambodge et Laos.



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Contes et légendes, histoires de fantôme thaïlandais

Contes et légendes, histoires de fantôme : Mae Nak, le fantôme amoureux est sans doute l’une des plus célèbres histoires de fantôme en Thaïlande…. elle fait partie du patrimoine immatériel du pays.

Un pays superstitieux et qui aime à se faire peur …

La Thaïlande est un pays où la religion et les croyances demeurent essentielles dans le quotidien des gens. Que ce soit les rituels liés à la maison des esprits que l’on trouve à l’entrée de presque toutes les habitations, de l’importance de la numérologie ou de la voyance, il y a en Thaïlande une adhésion certaine pour de nombreux cultes.

Les légendes et les contes en sont aussi un exemple marquant. L’un d’eux est par ailleurs illustratif de cette prégnance, qui malgré la modernité demeure enraciné dans le quotidien de nombreux bangkokois. Il s’agit de la fameuse histoire du fantôme de Mae Nak

 

L’amour au-delà des frontières

L’histoire comme toujours commence par un début des plus enchanteurs, un homme, beau, intelligent, socialement irréprochable et une femme ayant les mêmes qualités, tombent amoureux de l’un et de l’autre. Ils se marient dans le parfait amour. Au bout de quelques mois, Nak tombe enceinte. Mak ne peut profiter longtemps de l’épanouissement de sa chère et tendre, car le roi Mongkut (Rama IV) part en guerre (les batailles et autres conflits sont nombreux pendant le XIXème siècle dans le royaume de Siam).

Mak part malchance est gravement blessé lors d’un combat. Il ne peut retourner rapidement dans son foyer bordant les rives du canal de Phra Khanong. Sa convalescence est lente et le temps passe.
Mais la malchance se poursuit et frappe à nouveau le jeune couple. Alors que Mak éloigné se remet peu à peu, Nak meurt en accouchant et son enfant, trop chétif, ne survit pas également.

Au bout de quelques semaines, Mak rentre enfin chez lui et trouve au coin du feu sa belle et jeune épouse Nak et leur bébé. Pour Mak tout est normal. Les voisins au courant du funeste destin de Nak n’arrivent pas à le prévenir qu’il vit avec un fantôme. Chaque fois que l’un d’entre eux veut lui souffler mot, il se fait automatiquement trucider par la malchance ou du moins par un accident provoqué par Nak.

Un jour cependant, Mak comprend la situation. Alors qu’il observait son épouse, Nak, préparer le repas, elle fit tomber accidentellement un aliment qui roula loin d’elle. Au lieu de se déplacer, elle étira son bras afin de l’attraper. Mak fit alors le lien entre les évènements survenus depuis son retour et le comportement étrange de son épouse. Prétextant une envie naturelle d’uriner, Mak s’échappa de son foyer et alla se cacher dans le Wat Mahabut. Lieu saint et consacré, le fantôme ne pouvait y entrer. Nak ne lui voulait aucun mal, mais souhaitait avant tout être avec son mari. Son chagrin emporta sa raison et elle commença à s’en prendre violemment aux habitants du quartier pour les obliger à faire sortir son époux.

Par chance un exorciste captura Nak et l’enferma dans une jarre. Pour qu’elle ne puisse plus nuire, il la jeta dans le canal.

Petites et grandes histoires de Mae Nak

De cet épisode, s’en suit plusieurs versions : quelques années plus tard, des pêcheurs ressortent la jarre et libèrent, sans le savoir, Mae Nak. Dans une autre version, c’est un couple qui trouve et brise l’urne.

Un nouvel exorciste réussit à nouveau à capturer Nak en bloquant et confinant son esprit dans l’os du front (du squelette … comme on plante un pieu pour les vampires, là on découpe le crâne de la défunte). Il l’attacha à sa ceinture qu’il garda précieusement. La légende rapporte que le moine aurait légué cet artéfact à la famille royale et qu’il l’aurait encore en leur possession.

Une histoire et un temple populaire

L’histoire de Mae Nak est encore très vivace. Il y a non loin du khlong de Phra Kanong, un lieu totalement dévoué à Mae Nak. Il se trouve au Wat Mahabut.

Régulièrement les jeunes couples viennent déposer fleurs, encens, vêtements et jouets pour l’enfant. Si beaucoup viennent pour prier, ce n’est pas pour se préserver du fantôme mais pour espérer que leur couple soit aussi fort que celui de Nak envers Mak, qu’il transcende les frontières terrestres et célestes, que l’amour soit plus fort que tout.

Si certains la prient, d’autres s’en préservent. Tout le long du khlong, des superstitieux ont installé des maisons aux esprits pour se protéger de cette âme qui rôde toujours…

Il faut dire que même les jeunes générations connaissent cette histoire car depuis 1959, on ne compte pas moins de 17 films (voir ci-dessous), un opéra et un album de musique.

Pour plus d'informations sur le khlong Phra Kanong voir ici

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