Le Siriraj Museum ou le Musée des curiosités médicales

Voilà un endroit bien étrange, le Siriraj Museum, aussi surnommé le musée de la médecine, est à la fois un lieu retraçant l’histoire d’un hôpital, de la médecine, de la parasitologie et de l’anatomie…

Un vrai fourre tout avec lequel on se doit d’être vigilent si l’on est accompagné d’enfant. En effet, un bâtiment voire deux sont fortement déconseillés (à notre avis) pour les plus jeunes et les personnes sensibles… Il y a là de quoi retourner quelque peu les estomacs et traumatiser les âmes sensibles.

un musée, trois lieux

En fait, 3 bâtiments composent le musée. Le principal est juste à côté de l’embarcadère, faisant face au Chao Praya : c’est le Siriraj Bimuksthan Museum. C’était au-début du XXème siècle une gare qui a été en partie détruite lors des bombardements de la seconde guerre mondiale, suite à l’occupation des japonais.

Il y a une vingtaine de pièces, une 1er partie est consacrée à la vie du quartier royal de Thonburi et la construction du chemin de fer (via un film en 3D… ), la 2ème partie présente de manière très pédagogique (peut-être un peu trop) le fonctionnement du corps humain (« le miracle du corps humain »), les différents matériels et ustensiles utilisés depuis le XXème siècle pour les soins, les analyses, les opérations – on peut assister à une simulation d’opération.

Une salle présente également un dispensaire de médecine traditionnelle, une pharmacie avec toutes les herbes, champignons, racines, os, etc. utilisés en médecine chinoise.

Enfin la 3ème partie, dans un bâtiment annexe, permet de voir un très vieux bateau de 23 mètres de long découvert lors de fouilles. Si cela peut présenter quelques intérêts, on se demande le lien qu’il y a avec le musée de la médecine.
Cependant, si cette première partie est intéressante, elle est un peu chronophage, car il reste deux bâtiments à visiter qui demandent une certaine préparation…

Siriraj Medical Museum

Le Siriraj Medical Museum, se situe à 200 mètres du 1er musée. C’est un peu surprenant au départ, car vous voilà à la recherche d’un musée en plein cœur d’un hôpital… le mélange des genres. Une fois que l’on trouve le fameux immeuble (Adulyadejvikrom Building), on doit monter au 2ème étage. Si le premier bâtiment du musée vient d’être rénové, ce second édifice commence à avoir une patine des années 80.

Dedans 3 parties :

La première, le « Ellis Pathological Museum » : engins opératoires, coupes de cœur, éprouvettes et boites de pétrie. A cela s’ajoute un ou deux corps (vrais ou pas ?), quelques échantillons de peau, etc. et des explications en thaïlandais pour l’essentiel.

La seconde partie de ce second bâtiment, Songkran Niyomsna Forensic Medicine Museum, demande là un peu plus « d’effort » (et qui, à notre avis, est à éviter avec des jeunes enfants et jeunes adolescents).

Ce n’est pas tant les mises en scènes de charnier qui sont les plus dérangeantes (notamment la reconstitution du tsunami de 2004), non, c’est plutôt, l’accumulation des parties de corps dans des flacons de formol contenant embryons, fœtus, enfants malformés, bras tatoués ou pas, pieds, jambes, mains,cœurs atrophiés, poumons atteints de cancers, etc. Sans oublier les crânes ayant reçus un choc frontal, ou brûlés ou fracturés par une balle… bref, c’est du brut, c’est de la pathologie, de la vivisection, de la médecine sans âme.

On n’oubliera pas les photos montrant la différence entre un corps écrasé par un véhicule, et un corps brûlé ou ayant subi l’explosion d’un cocktail Molotov, etc.

Enfin, la troisième partie, Parasitology Museum, met en scène les différents modes de propagation de la dengue, de la malaria et autres parasites. Après la seconde partie, il n’y a pas de quoi fouetter un chat !

Congdon Anatomical Museum

Enfin, le clou du spectacle (si l’on peut dire ! là ce n’est pas pour les enfants, ni les jeunes adolescents) nous passons des années 80 aux années 50 au Congdon Anatomical Museum. En effet, le bâtiment a gardé une atmosphère toute singulière, parquet en bois, ventilateurs en grand nombre, lumière à base de néons, peintures défraîchies. Là, pas de mise en scène, c’est entrer dans un univers médical, froid, sans âme où l’aspect technique est privilégié. C’est formol à gogo, des corps et des corps, des systèmes nerveux, des hydrocéphales, de la parasitologie en tout genre et des tranches d’organes plus ou moins bien conservés.

C’est la science déshumanisée, on est là pour voir, observer les tissus, les organes un par un, les systèmes nerveux, les cerveaux, etc. Tout est séparé, scindé, disséqué. Et puis, cachés par les étagères, on découvre deux corps, étendue dans un cercueil de formol. On les a découpés sur certaines parties de leur anatomie pour que l’on puisse voir leur cerveau, leurs poumons, le biceps de la jambe, les nerfs des bras, le système urinaire, les intestins …

On observe, on se penche sur ces corps témoins de notre biologie et pour certains visiteurs c’est le malaise (pas physique mais moral/éthique : où est la science ? où est la curiosité ? où est le voyeurisme ?).

Un peu plus loin, au sol 4 bocaux contenant des corps d’enfant, certains visiteurs leur ont déposé quelques jouets et autres bombons pour apaiser leur fantôme ou leur conscience. On marche doucement car chaque pas fait un peu bouger le formol contenu dans chaque tube de verre. Puis on tombe sur des squelettes, bien droits, bien présentés dans des meubles en bois où l’on a disposé juste au-dessus la photo du défunt, avec son costume et sa fierté de soldat.

Après cela on peut se rendre au Prehistoric Museum & Laboratory qui présente de manière sommaire l’évolution des australopithèques à l’homo- sapien.

Informations pratiques

  • Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h00 à 17h00 (la vente des tickets s’arrête à 16h00).
  • Prix d’entrée : Pour l’ensemble des musées : 300 bahts, 50 bahts pour les enfants. 200 bahts pour un seul musée, 25 pour les enfants.
  • Accepte le passe musée voir ce post ici
  • Gratuit pour les enfants de moins de 120 cm
  • Site officiel : ici

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