Thaïlande, le Molam le son et la musique de l’Isan

Si la musique semble souvent être prise par une uniformisation générale, des régions comme l’Isan, au nord-est de la Thaïlande, se démarque avec des sons particuliers comme le Molam.

On connaît la cuisine de l’Isan (อีสาน), forte en caractère et très épicée, mais en règle générale le voyageur connaît en de moindre mesure la musique de cette région, le molan. Elle, aussi, est bien caractéristique de cette région par son son, ses instruments et les histoires contées.

 

Isan, ce si proche voisin

L’Isan, par sa proximité avec le Laos, est marqué par un mélange, un syncrétisme qui se traduit parfaitement dans le son du Molam (หมอลำ).On y conte ainsi les histoires locales, celles des villages en pleine campagne, de leurs bonheurs ou malheurs. Des histoires des cultures, des semences et de tout ce qui agrémente la vie rurale. L’amour n’échappe également pas aux récits. Ce sont les liaisons impossibles d’un paysan thaï et d’une belle laotienne séparés par un Mékong trop grand politiquement et socialement…  L’union ne se fait pas mais la chanson, sans aucun doute, traversera sans encombre cette frontière naturelle et culturelle.

Si les histoires d’amour sont universelles, les instruments utilisés dans la musique traditionnelle molan sont bien particuliers.

Du son traditionnel et des instruments

Le molam traditionnellement est un son très rythmé, très dynamique où l’harmonica de bambous (longs) prend une place significative. Le Kaen (แคน) est accompagné d’une guitare – Phin (พิณ) – d’un instrument à cordes le sor (ซอ), d’une flute de pan et d’un tambour.

A ces instruments traditionnels se sont aujourd’hui ajoutés guitares, basses, synthétiseurs.

Dans sa version très moderne et très urbaine, le molam est même mixé par des DJ qui donnent un sacré coup de jeune à ce son sans âge.

 

Le Molam, au cœur de la vie

Le molam est un son qui traverse les générations. Il est aussi le son qui accompagne habituellement les mariages, les enterrements  et de nombreuses fêtes. Il renverse également les rôles. En effet, lors de certaines cérémonies, il n’est pas rare que le chant soit interprété par une personne de l’assemblée. Le chanteur principal n’est là que pour chauffer la salle et faire passer le micro…

 

Du Molam traditionnel au DJ de Bangkok : petite discographie molanesque

Pour ceux et celles qui veulent écouter un son où prévaut le son traditionnel, on peut toujours se tourner vers le Paradise Bangkok Molam  ou bien encore Khun Narin Electric Phin Band.

Le molam a eu son heure de gloire dans les années 70, où le son s’est fait plus rapide et plus électrique, comme on peut l’écouter (et voir ci-dessous un clip alliant boxe et molan) avec le groupe Petch Phin Thong Band

Le molam a donc parcouru les âges. Si ces dernières décennies, les jeunes générations le trouvaient ringard, le molan redevient à la mode grâce à des DJ tel que DJ Maft Sai. Ce dernier le dépoussière pour la grande joie des étrangers qui trouvent dans le molam, un son très worldmusic.

Au-delà de cette influence électro, le molam prend aussi des échos et des waves très jazz comme on peut l’entendre avec Rasmee Wayrama. Chanteuse, crooneuse de charme à la voix chaude et envoutante. Gros coup de cœur !!

 

 

 

 

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