Le banian, l’arbre sacré, l’arbre qui marche !

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Il n’est pas rare de voir en ville comme à la campagne, en Asie, des arbres entourés d’écharpes de couleurs (des khatas), avec à leur pied des mini-temples et dans les racines ou coincées sur les branches de petites statues de personnages mythiques.

Les khatas symbolisent la bonté, la compassion et la chance. Ils sont généralement placés sur une catégorie précise d’arbre, celle des figuiers sauvages ou de la grande famille des ficus. Leur meilleur représentant est sans aucun doute le banian ou banyan.

Cet arbre est d’une grande importance dans l’Hindouisme et le Bouddhisme. Il porte plusieurs noms : arbre de Bodhi, arbre de la sagesse, arbre de la connaissance. Il est l’arbre qui accueilli Siddhârta qui le protégea du soleil grâce à sa large canopée. C’est sous ses feuilles (qui sont souvent un motif classique dans les temples) que Bouddha connu l’Eveil.

Au-delà de l’histoire sacrée, le banian est en plus un arbre intriguant : pour se développer, il a besoin d’un autre arbre. Ce dernier va lui servir de tuteur et, peu à peu, il va l’entourer et le faire totalement disparaître. D’où son autre nom en Inde de figuier étrangleur. Il peut prendre ses aises, se développer sur de très grandes surfaces grâce notamment à une spécificité : celle de développer des racines de par ses branches. La branche fait une racine et la racine consolide la branche. On ne sait si c’est les racines qui vont vers le haut ou si c’est les branches qui pointent vers le bas. Symboliquement, à nouveau, on peut y voir un lien entre le monde céleste et le monde terrestre, l’arbre permettant d’unir le tout…

On peut noter que le banian entre dans la composition de nombreux remèdes dans la médecine ayurvédique. On utilise autant sa sève que ses feuilles ou que son écorce pour faire des décoctions, tisanes, baumes et autres palliatifs.
Mais au-delà de toutes ces caractéristiques symboliques et pratiques, le banian demeure un arbre avec une croissance extraordinaire. On peut ainsi voir des banians de très grande taille envahir peu à peu des espaces et manger totalement les barrières, murets, bicoques, temples, etc. Cela explique aussi son surnom en Amérique du Sud, d’arbre qui marche. Il peut ainsi développer plusieurs troncs (parfois des centaines) et atteindre des circonférences à faire pâlir tous les jardiniers de la planète. Le plus gros banian se trouve à Calcutta est fait une circonférence de plus de 400 mètres…

Le plus surprenant est aussi le fait que l’on en trouve un peu partout dans les villes, au milieu d’une route, entre deux immeubles, dans une ruelle, sur un parking, dans des zones urbaines en friche, etc. En fait, malgré un urbanisme sauvage, de nombreux projets évitent de toucher à cet arbre. La sacralité de l’arbre et son pouvoir symbolique demeurent toujours aujourd’hui, entretenus quotidiennement par des riverains qui viennent déposer quelques présents ou faire des actions de grâce. L’animisme, la croyance en général apparaîssent comme de bons remparts aux promoteurs insouciants.

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