Thakhek, vestige de la présence française en Asie

Thakhek, petite bourgade du Laos, séparée de sa voisine Thaïlandaise Nakhon Phanom par le Mékong, est au premier abord sans grand intérêt pour le voyageur pressé. Mais sous ses airs endormis, elle recèle un discret patrimoine de la présence française depuis 1920 et garde encore aujourd’hui le secret des exactions de la puissance coloniale.

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quand Thakhek se decouvre

La ville apparaît comme un havre de paix quand on débarque de la capitale Vientiane ou de Nakhon Phanom. La première chose que l’on remarque à son arrivée, c’est la place centrale entourée de petites maisons fanées par l’humidité et le soleil. Elle n’est pas très grande, elle a cette caractéristique des places traditionnelles françaises, la fontaine. A l’extrémité, un banian géant offre une ombre salutaire à quelques vendeurs de boissons et brochettes de poulets.

histoire et exactions

Derrière, avec sa couleur chocolat au lait, le Mékong coule paisiblement. Frontière naturelle entre deux pays, il a, le 21 mars 1946, rougit brutalement. Jour de libération, l’armée française et les forces laotiennes entrent dans Thakhek majoritairement habité par la communauté vietnamienne, là la folie, la haine, le racisme vont transformer le genre humain en une bête qui va massacrer pas moins de 3000 civils. A leur tête deux Pères catholiques – le père Tenaud et le père Cavailler – qui vont assister au massacre. Ils témoigneront plus tard, mais resteront toujours les meneurs qui ont été incapables de tenir leurs troupes…

Le temps est passé, rien n’a été dit, rien n’a été condamné. En 1975, le rouge a fait sa réapparition en descendant le Mékong. Pas celui issu d’un massacre, mais celui provenant d’une révolution, celle du communisme qui va phagocyter toute l’ancienne Indochine. Il demeure encore aujourd’hui, mais on est passé du rouge politique au rouge coca-cola. Pour un grand communisme, il faut passer par un grand libéralisme, criaient haut et fort les dirigeants du parti unique dans les années 2000. Thakhek semble en avoir un peu profité, on trouve quelques grands hôtels, la ville a même crée un tour pour les touristes. Thakhek en est l’arrivée.On loue une moto pendant 4 jours et l’on parcoure les routes allant de grottes en grottes, de rizières en rizières. C’est un beau parcours. Mais Thakhek ne semble pas se presser à rejoindre la frénésie du tout tourisme. Ses ambitions sont modestes.

une ville et un patrimoine

Les bâtiments sont encore dans leur jus, on trouve un terrain de boules de pétanque où les vieux et moins vieux viennent se détendre autour d’une petite partie et puis voilà et ce n’est pas plus mal. On peut alors se rendre au bord du Mékong, relire ce romancier quelque peu oublié, Jean Hougron, et son ouvrage prenant racine à Thakhek « Tu récolteras la tempête ».

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