Theo Courant

Chroniques quotidiennes d'infos culturelles, de trucs et astuces pour les voyageurs et autres curieux en Asie du Sud-Est : Thaïlande, Myanmar, Cambodge et Laos.



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Les naufragés de Khao San Road

Depuis quelques semaines, la célèbre rue de Bangkok Khao San Road a fait peau neuve. Mais avec la pandémie c’est une rue avec la peau sur les os.

Une rue mythique …

Il y a encore peu de temps la très grande majorité des voyageurs qui arrivaient sur Bangkok passaient leur première nuit dans le quartier de Khao San Road. Cette petite rue, comme le décrivait Joe Cummings dans une des première version du Lonely Planet, avait comme atout d’avoir quelques hôtels et des restaurants pas chers et peu éloignés du centre historique. La petite rue est devenue en 2 décennies une bulle touristique où tous les voyageurs de toutes les nationalités se regroupaient…. mais ça c’était avant ! C’était bien avant l’arrivée du coronavirus. La bulle a explosé et personne  ne l’a vu venir.

Une rénovation nécessaire

Cette rue (voir plan ici) et le quartier de Banglamphu se sont développés grâce ou à cause des initiatives privées. Les gouvernements successifs ont pendant longtemps choisi la politique du laisser-faire en terme d’urbanisme. Face à une anarchie et à une vétusté galopante, le gouverneur actuel a décidé de reprendre les choses en main en proposant un plan de rénovation concernant notamment la célèbre rue de Khao San Road.

Après des mois de tergiversations et de tensions, la rue a enfin fait peau neuve. Pavée, d’un seul tenant sans trottoir, offrant un maximum de place aux piétons et en réorganisant l’espace des vendeurs, la rue a totalement été métamorphosée. Elle semble plus large… mais cette sensation vient surtout du fait que la rue et le quartier ne sont plus que l’ombre de leur passé.

Quand le silence s’impose..

Il y a maintenant peu de choses à Khao San Road. Presque tous les hôtels sont fermés, de même que la grande majorité des restaurants. Peu voire pas de piétons. La chose la plus extraordinaire pour celui ou celle qui a connu l’ambiance de ce lieu névralgique du voyage et de la fête, demeure le silence. Pas de sono, pas de vendeurs de rue, pas de tuk-tuk. Pas de vendeurs voulant vous vendre un complet veston ou un hamac en fil de pêche.

Presque tous les magasins ont tiré le rideau tout comme les seven-eleven, le Mac Do et bien d’autres enseignes. Des bars ont installé des planches pour protéger leur terrasse. Les chaises sont entassées les unes sur les autres. Dans cette sinistre ambiance pourtant quelques téméraires continuent leurs activités.

Les naufragés de Khao San Road

Les Naufragés est un livre qui est paru dans les années 60. Si le livre a rencontré peu de succès à l’époque, il reste pourtant pour les spécialistes du tourisme comme un témoignage frappant de cette génération de voyageurs qui était incapable de rentrer chez elle. L’ouvrage raconte ainsi l’histoire de copains de fortune/de voyage qui essayent de survivre dans des lieux qui deviendront par la suite des hauts lieux touristiques. Des espaces magnifiques mais qu’ils ne peuvent saisir en raison de leur condition de vie, de leur incapacité à trouver une solution aux problématiques les entourant.

A Khao San Road, il y a un peu de ça maintenant. Ainsi quand nous sommes allés à la rencontre de la propriétaire d’un des rares hôtels encore ouverts, la nostalgie mélangée à un sentiment de colères ont vite fait jour dans notre discussion. Toy nous explique ainsi qu’elle a ouvert son hôtel depuis une dizaine d’année. L’hôtel c’est l’argent de toute la famille. Pour cela elle ne peut se résigner à attendre, elle doit trouver une solution. Du coup elle propose des chambres à la semaine ou au mois pour des prix très bas.

L’indécision et l’obligation…

Évidemment, il n’y a pas foule depuis que le pays a fermé ses frontières, mais il y a encore ceux qui ont été bloqué par la pandémie. Toy nous présente ainsi Hiro, un voyageur japonais. Ce dernier est arrivé fin janvier en Thaïlande. Il devait y passer deux mois puis se rendre au Laos, Cambodge, etc. Avec l’arrivée de la Covid, il a eu droit à une prorogation du visa jusqu’au 1er juillet. Il est donc resté à Koh Samui, puis a décidé de revenir sur Bangkok. Après l’Asie du Sud-Est, il devait se rendre en Amérique du Sud. Il a beaucoup hésité sur le poursuite de son voyage. Le temps est passé et il a fini par prendre sa décision de revenir au Japon. Son voyage devait être une découverte du monde, il n’aura fait que la première étape.

Il n’est pas le seul dans cette situation, d’autres voyageurs attendent également. L’indécision est commune pour beaucoup : que faire ? Mais le temps passe et la date fatidique du 1er juillet arrive. A l’inverse du livre Les Naufragés, les autorités auront beaucoup moins de mansuétude. Ces derniers naufragés devront rejoindre un nouveau ou bien même leur ancien port d’attache et surtout très vite.

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