Vielles bâtisses et capharnaüm : le quartier des ferrailleurs

Vielles bâtisses et capharnaüm : le quartier des ferrailleurs

Le quartier des ferrailleurs

Un petit tour dans le Bangkok de tous les jours, pas le rutilant, pas le royal, pas le typique, mais plutôt le Bangkok que les touristes pressés ne peuvent voir. Coincé entre les rives du Chao Phrayaet et Chinatown, voici un quartier bien singulier, celui des ferrailleurs ou garagistes(que nous nommons ainsi).

Loin des hangars uniformes des Norauto, des Speedy et autres chaînes destinées à la voiture, ce petit bout de Bangkok concentre un nombre plus que conséquent de garagistes, ferrailleurs et petits récupérateurs-vendeurs de pièces détachées. Un joli capharnaüm, mais qui cache en fait une parfaite organisation de l’espace et des conséquences de ce travail (bruits, émanations des produits, les va-et-vient, etc.).

En fait, le plus étrange est de trouver tout ce petit monde réuni dans un des plus vieux quartiers de Bangkok. Pour la plupart des visiteurs occidentaux, il est plus habituel de voir cette activité de ferrailleurs dans les périphéries urbaines des villes. Ici c’est le contraire, on est dans le centre-ville, et le quartier, malgré son grand âge, a su s’adapter à cette situation. Tout est concentré, tout est mélangé.

Ainsi dans la même bâtisse, on trouvera tout à la fois l’activité professionnelle dans la pièce du bas et dans les étages ou les pièces adjacentes est privilégiée la vie familiale. Les maisons sont vétustes et pour combler le manque de place, beaucoup de propriétaires ont transformé leur terrasse et le trottoir en entrepôt. Certaines habitations ont des murs de pièces métalliques à base de carburateurs, de moteurs, etc. D’autres ont préféré garer une vieille voiture pour la transformer en réserve à rivets, à gaines, à écrous, etc. La voiture devient un prolongement du garage, immobile depuis des années.

Le matin, dès 8 heures, les machines se mettent en route, les voitures s’arrêtent pour charger ou décharger des pièces, ici des boites de vitesses, là des arbres à cames. A cet angle de la rue, on soude, de l’autre côté on s’occupe de tout ce qui concerne l’électrique, ça tombe bien car dans la cours d’à côté, on vend des batteries. 1er main, seconde main, peu importe, il y a de tout.

Tout la journée, l’activité bat son plein et donne la cadence à la vie du quartier. Un vendeur ambulant passe de temps en temps soit pour une boisson, soit un fruit ou encore mieux pour quelques petites brochettes grillées. Chacun va à son rythme, mais dès que 16h00 approche, tous lèvent le pied. On commence à ranger, à laver, à se débarbouiller. Certains ferrailleurs vont se poser, discuter, boire un coup avant de rentrer. Ce qui est sûr, c’est que tout sera bien rangé, rien ne dépassera pour tout mieux ressortir le lendemain. Une manière de faire que l’on penserait immuable, mais en même temps, quand on lève les yeux, on s’aperçoit que les grands immeubles de condos ne cessent de gagner du terrain. Habiter juste à côté de la rivière Chao Phraya fait des envieux, et les promoteurs ne se cachent plus.

On ne peut qu’espérer que la route de ces promoteurs soit longue, semée d’embuches afin que cette classe ouvrière, ces garagiste, ces ferrailleurs profitent toujours de ce lieu, de ce rythme et de cette ambiance si particulière.

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