Sanam Luang, de la place au champ Royal

 Les capitales et les grandes villes européennes ont toujours en leur cœur une place centrale. Pour Bangkok, il en est de même, elle en possède une : la Sanam Luang.

Sanam Luang, de la place au champ RoyalUn bout d’horizon au coeur de la ville

A l’inverse de nombreuses places, elle n’est pas construite avec des matériaux nobles, il s’agit tout simplement d’un champ… mais pas n’importe quel champ puisqu’il s’agit du « Champ Royal ».

La Sanam Luang est une gigantesque esplanade – plus de 121 400 mètres carrés – qui est le théâtre de cérémonies royales (comme les anniversaires du roi ou les crémations) et de manifestations plus populaires et ceci depuis le début de la dynastie des Rama. Elle est située devant le Palais Royal. Elle est en soi un lieu hautement symbolique.

Une place et des symboles

Ainsi, pendant la guerre avec le Vietnam sous le règne de Rama III, elle fut cultivée en champ de riz. Non pas que le pays manqué de terres ou de ressources, mais pour démontrer à tous les pays voisins de la fertilité et de la richesse du Royaume. Même devant le Palais Royal, le riz poussait.

Cette idée de transformer un temps cette place en culture fut repris ensuite avec la traditionnelle fête du Labour Royal. Une cérémonie qui a été un temps abandonnée, puis relancée par le Roi actuel Rama IX, afin de valoriser les traditions et le folklore local.

Une place et des cérémonies royales

Si la date de la fête du Labour Royal était fixée par les astrologues, Rama IX a décidé que le 11 mars serait chaque année la date qui marquerait tout autant le début des Labour, que l’arrivée de la saison des Pluies.

Le rituel est extrêmement suivi et demeure immuable : deux bœufs royaux trainant une herse tracent trois sillons dans lesquels sont semés des graines de riz, de maïs, d’haricots, de sésames et le tout arrosé de quelques gouttes d’alcool et d’eau. Chacun de ces éléments ayant aussi son capital symbolique propre.

On observe évidement le comportement des bœufs, chaque geste pouvant être un signe sur les prochaines récoltes. Pour la petite histoire, cette année, les bœufs ont brouté un long moment le gazon –il n’y a pas toujours de l’herbe sur Sanam Luang – un signe de bonnes récoltes et de pluies bienfaitrices. Mauvaises interprétations ou impatience mal placée, nous assistons au jour d’aujourd’hui à une des plus grandes sécheresses que le Royaume est connu depuis longtemps.

Une place vivante

Loin du sérieux de la cérémonie des Labour, des fêtes pour l’anniversaire du Roi ou des crémations Royales (la dernière eut lieu en 2012 pour la Princesse Bejaratana Rajasuda), Sanam Luang est aussi un lieu de détente. Les habitants y viennent tout autant pour faire du jogging, se prélasser dans l’herbe, faire du tai-chi, nourrir les écureuils, lire et surtout faire voler des cerfs-volants. On peut en voir de très beaux, de toutes tailles et même assister à quelques compétitions.

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