Rentrée scolaire et fête des professeurs

Hasard des calendriers, alors qu’en France c’est la rentrée scolaire, en Thaïlande c’est la traditionnelle fête des professeurs

Rentrée scolaire et fête des professeurs

Peut-être que les nostalgiques d’un enseignement « à la papa », trouverons dans cette fête un moyen de rappeler le respect que l’on doit à ses « maîtres », mais la Thaïlande n’est pas une réminiscence d’un Gérard Jugnot dans les « Choristes ».

La fête des professeurs est bien plus complexe qu’il n’y parait. La fête porte le nom  de Wai khru. Cette notion de Wai khru est plus commue par le grand public avec les matchs de muay Thai – boxe thaïlandaise. Avant chaque match, les combattants vont ainsi venir saluer respectueusement toutes les personnes dépositaires d’un savoir et d’autorité. Par ce rituel donné, les boxeurs montrent leur respect envers des maîtres qui ont eu la bonté de transmettre leur savoir.

la cérémonie du Wai khu

La cérémonie du Wai khru s’inscrit dans une tradition ancienne, qui pour beaucoup est rattachée aux pratiques brahmaniques de l’Inde. Elle concernait à l’origine surtout les écoles de danses, de sports de combat, de massages et de musiques traditionnelles.

Peu à peu, le wai khru a touché tous les lieux de transmission de savoir pour finir comme un évènement essentiel, rythmant l’année scolaire de tous les thaïlandais.

Ainsi nombre d’établissements scolaires ont, tout le long de cette matinée, respecté cette pratique en laissant les étudiants, lycéens, collégiens et élèves de maternelle honorés leurs professeurs thaïlandais. Le déroulement est toujours assez similaire d’une année à l’autre (voir ce post ici). On remarque cependant que les professeurs farangs (étrangers) sont rarement conviés à cette fête. Normal ? Pas normal ? Difficile de dire quand on sait qu’un rituel dans toutes les cultures est un moment spécifique que l’on fait pour réunir la communauté. Entrée dans le rituel signifie donc que le farang n’existe plus en tant que tel, que son statut d’étranger a été effacé. Il ne fait alors plus qu’un avec la communauté…

Le lien élève-professeur

L’autre élément que l’on doit aussi prendre en compte dans cette fête, c’est aussi la place singulière que prend le professeur. Par le rituel il reconnaît son élève. C’est un lien qui attache les deux individus. Si l’un échoue, alors ce n’est pas tant l’échec d’un novice que celui qui était censé transmettre. L’échec de l’un fait l’échec de l’autre et inversement, la réussite de l’un fait la réussite de l’autre. On comprend ainsi mieux, pourquoi devant tous les établissements scolaires sont affichés avec fierté tous les élèves ou étudiants qui ont réussi brillamment tel ou tel examen. Car au-delà de l’élève et du professeur, tous sont rattachés et attachés à leur établissement.

On peut alors se demander comment réagirait un étudiant ou un lycéen français qui verrait son portrait 2m sur 2 accroché devant son établissement scolaire. Honte ou fierté ?

 

Tagged under

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!