Myanmar, Magwe la poussiéreuse

 

Voici un titre par forcément avenant pour une ville. Mais il est vrai que le voyageur débarquant à la station de bus peut être surpris rapidement de la circulation, mais aussi de cette omniprésence du sable qui s’immisce partout. Du bas-côté des routes aux bourrasques de vent, il est là, se faufilant dans le moindre interstice, s’agglutinant sur la peau humide de sueur. Il fait chaud à Magwe, surtout en saison sèche. Située à 250 km de Pyay et à une centaine de kilomètres de Bagan, Magwe peut apparaître comme une ville étape entre les deux cités. En fait, il n’y a pas grand-chose à voir, pas grand-chose à faire dans cette ville bordant l’Ayeyarwady.

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Il y a encore quelques années, on pouvait prendre le bateau pour se rendre à Bagan. Là en suivant le fleuve, le voyageur pouvait contempler la campagne birmane, sablonneuse, légèrement vallonnée, parsemée de stupa d’or. On pouvait observer le paysan travaillant son champ avec son buffle, deviner la maturité des cultures rien qu’à travers les différences de couleurs des champs. Le rythme était calme, on se laissait embarquer sur ces eaux dociles et si affables pour un voyageur. Tout cela est terminé. Du moins le bateau. Les autorités ne désirent pas voir des touristes empruntés ces voies. Du coup Magwe ne voit plus beaucoup de voyageurs. La qualité des hôtels s’en fait ressentir. Tous sont hors de prix. Ils proposent surtout des services et des literies que nous n’hésitons pas à qualifier de médiocres pour certains et de minables pour d’autres.

Si malgré cela, vous vous rendez à Magwe, ne vous attendez pas à un patrimoine qui vous ferait oublier les déconvenues des prestations hôtelières. Magwe peut seulement s’enorgueillir de posséder un pont d’une belle longueur – 2,8 km – enjambant l’Ayeyarwady. Construction que l’état nation aime valoriser pour faire valoir le savoir ingénieurique birman. L’autre bâtiment à découvrir est la Paya Mya Tha Lun. Construite en 1929, elle se trouve au bord de l’Ayeyarwady. Comme nombreuses de ses consœurs, elle possède en son centre un stupa couleur or de plusieurs mètres, avec tout un ensemble de statues, de salles où s’accomplissent quotidiennement nombre de rituels.

Cependant si la paya est en soi intéressante, c’est surtout du côté du fleuve que la curiosité du voyageur doit se porter. Certes de ce côté-ci, on peut voir un superbe coucher de soleil sur l’Ayeyarwady, mais pas seulement. Au pied de la paya, juste sur un banc sablonneux à quelques dizaines de mètres des berges, se trouve un petit café des plus sympathiques. Illuminé de guirlandes tamisant l’espace d’un vert pâle, quelques tables basses et tabourets sont placés ci et là en attendant que des clients viennent siroter une petite boisson et déguster quelques mezzés birmans. C’est charmant, calme, accueillant.
Car si Magwe offre peu à ses visiteurs, l’accueil des habitants comble beaucoup ces absences si chères à l’hédoniste voyageur. Avec un peu de chance, mais surtout avec quelques sourires, c’est surtout des rencontres et une aventures humaines que l’on peut trouver dans cette ville pourtant si peu avenante et si poussiéreuse.

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