Théo Courant

 

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Paya Aung Htu Kan Tha et le Bouddha qui ne voulait plus bouger !

Où comment une histoire assez surprenante qui a défrayé les chroniques de journaux birmans, thaïlandais et chinois a permis à la Paya Aung Htu Kan Tha de voir  le jour.

Myanmar, le Bouddha qui ne voulait plus bouger ! Tout a commencé en 1997 à la mi-avril par un enchaînement de circonstances : un camion qui faisait route de Mandalay en direction de la Chine a malencontreusement laissé tomber une énorme statue d’un Bouddha à une dizaine de kilomètres de Pyin Oo Lwin. Comment a-t-elle pu tomber ? Comment une pièce aussi grosse peut glisser en dehors de la benne d’un camion ? Le mystère reste entier, mais le plus surprenant arrive.

Voulant honorer le contrat de livraison, les autorités et les prestataires se sont empressés de vouloir remettre la statue fugueuse dans le camion… si elle n’était pas de taille disproportionnée, le problème principal était sa masse. Faite entièrement en marbre blanc, elle pesait le délicat poids de 17 tonnes… pas facile à bouger.

La volonté était là, de nombreuses personnes se sont affairées : on l’a un peu soulevé, on réussit à mettre un bout dans le camion, et toujours au dernier moment venait frapper un destin qui rendait la chose impossible. Toutes les tentatives furent vouées à l’échec. Un imprévu mécanique, un aléa climatique, une nonchalance et désorganisation humaine ont participé à cette impression que la statue de Bouddha avait choisi elle-même son emplacement. Rien n’y fît, elle semblait être habitée d’une volonté de rester et de demeurer sur ce flanc de colline.

Les habitants, petit à petit, face aux échecs et à cette succession de malchances, y virent un signe. On ne pouvait contrecarrer les plans de cette statue tombée sur leur chemin. Ce n’était pas le hasard, mais bien le destin. Un esprit, une réincarnation, un nat, la toute-puissance d’un Bouddha, peu importé, la statue l’avait décidé, elle n’irait pas plus loin. Elle demeurerait là pour toujours.

A partir du moment où les hommes concédèrent que la statue pouvait rester, tout s’arrangea. On amena des grues qui levèrent la statue sans aucun souci. On la déposa en haut de la colline, à quelques dizaines de mètres de là où elle avait chu. On construisit une pagode autour pour la préserver des intempéries et faciliter les dévotions des nombreux pèlerins envers cette idole tombée du camion.

La statue qui était à l’origine d’un blanc immaculé est maintenant complètement recouvert de feuilles d’or. La pagode qui devait être un modeste sanctuaire brille aujourd’hui de mille feux. Tout est d’or sur cette colline, alors qu’au tout autour, le dénouement des familles est criant. Si la statue a choisi son emplacement, les hommes ont, eux, décidé, avec toute leur mansuétude, d’interdire les femmes de s’approcher de trop près de la statue… voilà un beau signe (facile à reconnaître) de discrimination sous couvert de sacralité !

Il est aisé de se rendre à la Paya Aung Htu Kan Tha : prendre la route depuis POL vers Lashio. Au bout d’une quinzaine de minutes, prendre à droite, juste avant le péage de « l’autoroute ».

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