L’emblématique Wong Wian Yai train station

La gare Wong Wian Yai fait partie de ces endroits qui révèlent tout autant l’ordinaire des habitants de Bangkok et que la curiosité de ceux et celles qui veulent pénétrer la culture thaïlandaise.

Une gare fonctionnelle pour les travailleurs

Dire que la gare Wong Wian Yai révèle la culture thaïlandaise est en fait inexact. Elle témoigne surtout d’une catégorie sociale bien précise, celle des travailleurs, des ouvriers, des petites mains, la force vive du pays.

La gare Wong Wian Yai n’est pas imposante. Elle n’est pas dans le centre-ville, elle n’est pas extraordinaire et pourtant. Située sur la rive ouest de Bangkok, dans le quartier de Thomburi, la gare est en fait un simple guichet avec quelques bureaux administratifs.

Sur le côté, une salle d’attente dispose de 5 rangées de bancs afin que les gens puissent se reposer et se mettre à l’abri des intempéries. L’étroitesse de cette salle fait que très rapidement aux heures de pointes, elle est vite pleine.

Les passagers en attente vont donc s’assoir tout le long d’un petit muret. Haut d’une cinquantaine de centimètres, qui suit parallèlement l’unique voie de la gare. En fait, la spécificité de Wong Wian Yai est justement cette unique voie. Terminus et début d’une ligne desservant de petites villes, où les classes populaires ont trouvé refuge.

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Une vie foisonnante

Sur plus de 200 mètres, une file de personnes attend sagement l’arrivée du train qui conclura enfin la journée de labeur. D’un côté le quai avec une enfilade de petites gargotes, micro-épiceries et vendeurs de bric-à-brac. De l’autre des commerçants disposant d’une devanture plus ostentatoire et quelque peu plus modernes. Entre, une ligne de chemin de fer, un mur faisant office de banc, une route avec des vendeurs ambulants et leurs stands de fruits et légumes.

Dès 18 heures, avec la tombée de la nuit, les lumières blanchâtres de la gare sont allumées. Cependant, elles sont immédiatement tamisées par la fumée douce et appétissante des barbecues des vendeurs de brochettes, saucisses et autres mets doucement préparés sur des braises incandescentes.

L’ambiance est alors bien particulière, loin de toute tension. Les gens attendent dans un calme et une nonchalance surprenante. Le bruit avec un boulevard situé à quelques pas et le va-et-vient des motos, la densité du monde, les négociations ou les cris des chalands, rien ne semblent perturber cette foule. Elle est déjà en mode pause, elle est hors travail, elle ne se soucie maintenant que d’une unique chose rentrer chez elle.

Un train synonyme de fin de labeur

Seul le haut-parleur du chef de gare rompt l’indolence partagée, la lumière au loin de la locomotive laissant présager le vacarme qui va arriver dans les secondes à venir. Les voyageurs s’empressent alors de venir sur le quai. Une fois le train arrêter, tous montent avec la hantise de trouver un siège.

Le quai se vide très vite, seul un homme descend du train, observe, remonte le quai vers l’autre extrémité du train. Il ouvre alors la porte de la seconde locomotive, allume la lumière et démarre l’engin.

Malgré l’agitation et le calme soudain, les commerçants, les cuisiniers des échoppes ne semblent pas perturbés par ce départ. La force de l’habitude, mais cette routine, cette valse ouvrière des temps modernes va bientôt s’arrêter. Du train vivant et de la gare Wong Wian Yai, les temps sont maintenant comptés. A quelques centaines de mètres là, le BTS est arrivé et s’il ne dessert pas encore beaucoup de lieux. Il va d’ici peu rejoindre une nouvelle jonction qui redistribuera les cartes d’un nouveau réseau et de nouvelles habitudes.

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