Théo Courant

 

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Le festival du tatouage traditionnel

Samedi 16 mars, le Wat Bang Phra accueille comme chaque année plus de 10 000 visiteurs pour son célèbre festival de tatouages traditionnels. A découvrir.

 

 

Le festival du tatouage se tiendra comme chaque année au Wat Bang Phra. Il  est situé à 10 km de Nakhon Pathon et à 60 km au sud-ouest de Bangkok dans le village de Nakhon Chaisi.

Il ne s’agit pas ici de se faire tatouer un gentil dauphin ou un petit Hello Ketty sur la fesse. Non, bien au contraire, ce festival est très éloigné des recherches esthétiques occidentales, il revient à la base du tatouage et tous ses aspects les plus traditionnels.

Le Sak Yant, la pleine puissance du tatouage

La première chose que l’on peut noter est qu’au Wat Bang Phra, on ne parle pas de tatouage, mais de Sak Yant. Le terme englobe plus que le simple acte de faire une marque indélébile sur la peau. Sak Yant, qui étymologiquement signifie tatouer (Sak) des prières religieuses/sacrées (Yant), s’inscrit dans une culture ésotérique très ancienne. On trouve des traces bien avant l’implantation du bouddhisme dans la région. Cela témoigne de la prégnance des rites animistes en Thaïlande.

Se faire un Sak Yant est une épreuve et une démarche bien précise pour bon nombre de participants au festival. Il ne s’agit pas de faire un adjuvant esthétique, mais de se donner les chances d’attirer les bonnes offices des esprits et de se protéger des démons.

Au XVIIIème siècle, par exemple, la plupart des soldats du royaume du Siam étaient couverts de Sak Yant afin de se doter d’une protection supplémentaire qui nourrissait un sentiment d’invincibilité. On peut voir, encore aujourd’hui, chez les combattants modernes que sont les boxeurs de Muai Thaï, la présence de nombreux Sak Yant.

Le pouvoir symbolique du tatouage

Pour la majorité des visiteurs du festival, il y a aussi cette recherche d’efficacité symbolique. Se faire un Sak Yant, c’est augmenter ses chances d’accéder au bonheur et d’être en bonne santé. Mais c’est également se parer des tentations des démons et du malheur qui les accompagnent. On est loin du tatouage où seul les mauvais garçons ou les filles de petites vertus se gratifiaient d’un dessin indélébile. Quant on observe les visiteurs du festival, on se rend compte que toutes les couches de la société sont concernées, des classes populaires ou classes moyennes en passant par les hommes d’affaires qui veulent optimiser leur réussite.

Le festival comme régénérateur

Ce festival qui se tient une fois par an est un moment important, car on y vient essentiellement pour deux choses :

La première va de soi, se faire tatouer par les maîtres bonzes. Ces derniers connaissent parfaitement les textes sacrés et l’écriture Khom (ancien langage khmer).

La seconde concerne les rituels de bénédiction qui permettent de réactiver les pouvoirs des Sak Yant. Ils purifient ainsi des pêchés commis le long de l’année et qui interfèrent dans l’efficacité des tatouages. De fait, cette expiation se fait par la bénédiction des bonzes et d’un rituel bien spécifique : le port du masque de Ruesi. Les religieux accueille le fidèle et toute en psalmodiant des textes sacrés les coiffent du fameux masque. Cette action bienfaitrice permet la régénération et réintroduit du sacré pour la personne tatouée. Elle lui rappelle qu’il n’est que le dépositaire temporaire d’écrits sacrés qui dépassent sa simple personne. Il n’est pas seulement un individu tatoué mais un porteur de message, porteur d’une sacralité qui dépasse sa simple enveloppe.

Du coup pour accentuer le pouvoir des Sak Yant, beaucoup de fidèles font de nombreux ajouts de nouveaux motifs. On peut voir, ainsi, parmi les participants, des personnes entièrement recouverte de Sak Yant.

Ces motifs, ces mantras sont pour la plupart réalisés de manière traditionnelle : à l’aiguille, de couleur noire uniquement. Cependant, dans une pièce à part, les bonzes ont opté pour une machine électrique bien plus rapide.

Un large public

Les gens sont très nombreux à attendre dès 6h00 du matin, pour recevoir leur nouveau mantra. Les tatouages se font à la chaîne, avec peu d’attention concernant les règles d’hygiène pour de tels actes. Qu’importe… puisque les tatoues apportent protection !

Les prix pratiqués sont peu élevés. Ils sont loin des montants que l’on trouve dans de nombreux salons. L’inconvénient majeur est l’attente. Il faut être patient, mais en même temps ce temps est normalement consacré à l’introspection et à la méditation…

Questions pratiques sur le festival du tatouage au Wat Bang Phra

Pour assister aux cérémonies, il faut venir très tôt. Cela permet également de voir la vie qui accompagne ce festival. Après 11h00, le calme commence à regagner le temple.

 

De fait l’idéal est d’arriver la veille et de dormir à Nakhon Pathon. Ainsi on peut emprunter un songtaew qui vous dépose non loin de là. Compter 1h de route entre Nakhon Pathon et le Wat Bang Phra. 

Autre possibilité : prendre le train très tôt depuis Bangkok et descendre à la gare de Nakhon Chai.

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