Le festival du tatouage au Wat Bang Phra

Le Wat Bang Phra est situé à 10 km de Nakhon Pathon et à 60 km au sud-ouest de Bangkok dans le village de Nakhon Chaisi. Chaque année, entre la fin du mois de février et le début du mois de mars, ce Wat accueille plus de 10 000 visiteurs pour son célèbre festival de tatouages.

 

Le Wat Bang Phra accueille un festival de tatouage mais pas n’importe quel tatouage. Il ne s’agit pas de se daire tatouer un gentil dauphin ou un petit Hello Ketty sur la fesse. Non, bien au contraire. Là, nous sommes loin des motifs et des recherches esthétiques occidentales, on revient à une préoccupation bien plus traditionnelle.

Le Sak Yant, la pleine puissance du tatouage

En premier lieu, on ne parle pas de tatouage, mais de Sak Yant. Le terme englobe plus que le simple acte de faire une marque indélébile sur la peau. Sak Yant, qui étymologiquement signifie tatouer (Sak) des prières religieuses/sacrées (Yant), s’inscrit dans une culture ésotérique très ancienne. On trouve des traces bien avant l’implantation du bouddhisme dans la région. Cela témoigne de la prégnance des rites animistes en Thaïlande.

Se faire un Sak Yant est une épreuve et une démarche bien précise pour bon nombre de participants au festival. Il ne s’agit pas de faire un adjuvant esthétique, mais de se donner les chances d’attirer les bonnes offices des esprits et de se protéger des démons. Au XVIIIème siècle, par exemple, la plupart des soldats du royaume du Siam était couvert de Sak Yant afin de se doter d’une protection supplémentaire qui nourrissait un sentiment d’invincibilité. On peut voir, encore aujourd’hui, chez les combattants modernes que sont les boxeurs de Muai Thaï, la présence de nombreux Sak Yant.

Pour la majorité des visiteurs du festival, il y a aussi cette recherche d’efficacité symbolique. Se faire un Sak Yant, c’est augmenter ses chances d’accéder au bonheur, à la santé. Mais c’est surtout se parer des tentations des démons et du malheur qui les accompagnent. On est loin du tatouage où seul les mauvais garçons ou les filles de petites vertus se gratifiaient d’un dessin indélébile. Aujourd’hui toutes les couches de la société sont concernées, des classes populaires ou classes moyennes en passant par les hommes d’affaires qui veulent optimiser leur réussite.

Le festival comme régénérateur

Le festival qui se tient une fois par an est un moment important, car on y vient pour se faire tatouer par les maîtres bonzes qui connaissent parfaitement les textes sacrés et l’écriture Khom (ancien langage khmer). D’autres maîtres s’occupent des rituels de bénédiction qui permettent de réactiver les pouvoir des Sak Yant. Ils purifient ainsi des pêchés commis le long de l’année et qui interfèrent dans l’efficacité des tatouages. De fait, cette expiation se fait par la bénédiction des bonzes, par le port du masque de Ruesi et par l’ajout de nouveaux motifs. On peut voir, ainsi, parmi les participants, des personnes entièrement recouverte de Sak Yant. Ces motifs, ces mantras sont pour la plupart réalisés de manière traditionnelle : à l’aiguille, de couleur noire uniquement. Dans une pièce à part, les bonzes ont opté pour une machine électrique bien plus rapide.

Les gens sont très nombreux à attendre dès 6h00 du matin, pour recevoir leur nouveau mantra. Les tatouages se font à la chaîne, sans très grande attention aux règles d’hygiène, mais qu’importe… puisque les tatoues apportent protection ! Il faut dire que les prix pratiqués sont peu élevés. Ils sont loin des prix que l’on trouve pour un dessin occidental.

Questions pratiques sur le festival du tatouage au Wat Bang Phra

Il faut venir très tôt pour assister aux cérémonies, pour voir la vie qui accompagne ce festival. Après 11h00, le calme commence à regagner le temple. De fait l’idéal est d’arriver la veille et de dormir à Nakhon Pathon, ainsi on peut emprunter un songtaew qui vous dépose non loin de là. Compter 1h de route entre Nakhon Pathon et le Wat Bang Phra.  Autre possibilité : prendre le train très tôt depuis Bangkok et descendre à la gare de Nakhon Chai.

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