Théo Courant

 

Chroniques quotidiennes d'infos culturelles, de trucs et astuces pour les voyageurs et autres curieux en Asie du Sud-Est!



THeoCOurant

Khao San Road et la disparition des vendeurs de rue

Bangkok dit encore un peu plus au revoir aux vendeurs de rue. Un nouvel épisode d’une politique qui exclue petit à petit une population. Trois nouvelles zones sont ainsi concernées dont la fameuse rue touristique Khao San Road Cela fait des mois que la rumeur grossissait. Souvent calmée par les déclarations de responsables voulant éteindre une protestation grandissante, elle est aujourd’hui réalité. En effet, le Bangkok Post dans son édition du 18 juillet le confirme suite aux déclarations du vice-gouverneur de Bangkok, Sakoltee Phattiyakul. Ce dernier a donc précisé que le petit marché (Talad Laos) dans le quartier de Klong Toey, ainsi que le marché se tenant face au Wat Hua Lamphong et surtout la rue Khao San Roadne ne pourraient plus accueillir les vendeurs de rue. Ils seront installer dans des zones prévues à cet effet. Cette décision sera effective dès le 1er aout prochain. Le but in fine est de libérer les trottoirs et faciliter la circulation dans ces zones. A cela s’ajoute également un souci de sécurité concernant les risques d’incendie et les difficultés d’agir rapidement au cas où.

Paradoxe et dilemme

Ce nouvel épisode fait suite aux évictions qui ont déjà eu lieu il y a un peu plus d’un an dans les quartiers de Lat Phrao et du marché de Bang Kapi. Mais voilà toucher à Khao San Road c’est toucher l’image d’un quartier qui a popularisé Bangkok et plus généralement la Thaïlande. Les vendeurs de rue sont des acteurs essentiels de ce quartier. Ils en sont en quelques sortes son âme. Il suffit d’observer l’évolution du quartier ces 20 dernières années. Nombre de restaurants, guesthouses, bars, etc. ont disparu alors que demeurent toujours les petits vendeurs de rue avec leurs prix imbattables, leurs plats uniques. Ils sont souvent les premiers instigateurs de la nourriture thaïe auprès  des nouveaux arrivants. Ils portent l’image d’une Thaïlande intemporelle, celle des parfums, celles de ces petits gens qui arrivent avec enthousiasme et labeur à gagner quelques sous. Mais au-delà des arguments officiels reposants sur le désordre occasionné ou les dangers potentiels, demeure un autre point rarement évoqué : l’économie. Le vendeur de rue est par définition incontrôlable : pas de reçu, pas de TVA, pas de suivi des ventes…  Le paradoxe est là : il est tout autant un manque à gagner pour les caisses de l’état qu’un acteur essentiel à l’économie du tourisme. Quelle est alors la solution ? Peut-être qu’entre l’image d’un Bangkok voulant cloner (ou clowner) Singapour, des solutions plus consensuelles peuvent être trouvées comme la piétonisation de la rue. Il ne faut pas douter également de la force d’adaptation des vendeurs de rue. Une migration se fera vers où ? vers quel quartier ? Affaire à suivre.

A lire en complément

Une appli pour la Street Food à Bangkok
Haro sur les vendeurs ambulants

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :