Kanchanaburi : le pont de la rivière Kwaï – Bridge on the River Kwaï

Un pont, une histoire, une musique, des acteurs so british, un cadre unique, voilà le fameux pont de la rivière Kwaï. Où comment un film a su construire une légende dans l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale.

Un pont et des histoires

Kanchanaburi peut se targuer de posséder sans doute une des rares attractions touristiques qui fait siffler presque naturellement tous les visiteurs. Qui dit pont de la rivière Kwaï, dit le fameux film de David Lean. Évidemment les plus jeunes pourront avoir un certain étonnement face à ce réflexe presque pavlovien, mais on ne refait pas ceux et celles qui ont suivi sur petit ou grand écran l’un de ces grands épisodes de la seconde guerre mondiale.

Mais en fait les rires moqueurs ne seront pas si stupides. En effet entre la réalité du pont et le film du pont, nombreux sont ceux et celles qui confondent le roman de Pierre Boulle et la réalité historique.

En effet, le fameux pont du film a été construit au Sri Lanka et ne ressemble pas forcément au bien nommé pont de la rivière Kwaï. Le roman de Pierre Boulle à la base du film s’inspire pleinement des épisodes tragiques de la construction de la voie ferrée. Le film a tiré son scénario et a également modifié le roman original. Dans les deux cas, l’histoire du pont sur la rivière Kwaï prend son origine dans la volonté de l’état major japonais.

Un pont pour une route impériale

Le projet militaire est simple : rejoindre par voie ferrée la Thaïlande, occupée par l’armée japonaise; et le Raj Britannique, colonie de vieil Albion que les japonais souhaitent conquérir.

Pour ce faire une voie est tracée entre les deux régions de 415 km. Plus de 100 000 « travailleurs » asiatiques et 30 000 prisonniers de guerre vont s’atteler à la tâche. Plus de 16 000 d’entre eux vont mourir, transformant la fameuse voie siam-birmanie en voie « de la mort ».

Le pont est terminé en 1943. Il s’agit d’un ouvrage sommaire en bois, mais suffisant pour faire passer les régiments japonais. Petit à petit le pont est renforcé par l’apport de matériaux plus solides. L’acier remplace le bois, le petit pont de bois devient un élément essentiel pour la conquête japonaise. La menace se faisant plus grande, le pont est bombardé avec succès en 1945.

A la fin de la guerre les japonais vont restaurer le pont, non pas pour son utilité à venir mais surtout comme symbole d’une présence et d’un épisode tragique dans l’Histoire de l’Asie du Sud-Est.

 

 Aujourd’hui, une visite simple et agréable

Que reste-t-il après tout ce temps ? Surtout un témoignage et un roman popularisé par la grandeur hollywoodienne. Dans la réalité, le pont n’est plus qu’une attraction touristique. On y vient, on contemple l’ouvrage et on prend le train pour parcourir les kilomètres de la voie de la mort.

Sans aucun doute le pont a contribué à la reconnaissance de Kanchanaburi et au souvenir, pour que les plus jeunes et les moins jeunes n’oublient pas ces histoires sanglantes qui ont jalonné les empires et les ambitions militaires des va-t-en  guerre.

On remarquera que si le pont n’est plus qu’un témoignage, le projet de la voie ferrée de l’époque n’est lui pas enterré totalement. En effet, la volonté du gouvernement chinois actuel est justement de relancer un axe ou une nouvelle route de la soie entre le Vietnam et le Myanmar. Le tracé n’est pas le même, la conquête n’est pas de même nature, mais la volonté de traverser ses régions vierges et préservées jusqu’à présent risque à nouveau de créer de nouveaux conflits … Affaire à suivre.

 

Tagged under

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.