Le plus grand livre du monde, la Paya Kuthodaw

Quand on lit cette affirmation que la Paya Kuthodaw possède le « plus grand livre du monde », il y a de quoi rester dubitatif.

Insouciant, on pense qu’il s’agit d’un volume conséquent de feuillets de grandes tailles assemblées les uns aux autres. Mais ici, il n’en est rien. Un livre n’est pas obligatoirement un assemblage de feuilles de papier ou l’agrégation de parchemins, son support varie selon les cultures et la valeur de ses préceptes. Car ici, il s’agit bien de préceptes essentiels pour le bouddhisme Theravada.

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Ainsi quand on rentre dans la paya Kuthodaw, au nord de Mandalay, on est tout d’abord troublé par plusieurs alignements de stupas blancs. En se rapprochant, on découvre à l’intérieur une stèle d’un mètre de hauteur sur laquelle on perçoit les symboles et autres signes de l’écriture birmane.

Toutes ces pièces de marbre ont été sculptées au XIXème siècle. Elles répondent au désir du souverain de l’époque d’inscrire dans la pierre les 15 livres du Tripitaka afin que son contenu puisse traverser les âges. Pour répondre à cette volonté de conservation et de valorisation de ces textes sacrés, 200 moines/artisans sculpteurs furent réunis pour arriver au résultat que l’on peut admirer aujourd’hui. Le texte, ainsi figé, ne laissant plus la possibilité de la moindre modification apparaît comme le recueil original de la doctrine des Anciens.

Un livre à deux espaces

Ce livre est disposé en deux lieux (proche l’un de l’autre) et qui autorise, en quelque sorte, l’analogie du tome. Ainsi dans le premier lieu ou le premier tome, on ne compte pas moins de 729 stèles disposées autour du stupa d’or de la paya Kuthodaw. Le contraste entre la blancheur des petits stupas et la couleur doré du géant est singulière. A quelques dizaines de mètres, le deuxième lieu ou le deuxième tome est encore plus conséquent, beaucoup plus volumineux, on ne sait où est le début où est la fin. On compte ici pas moins de 1774 stèles. Toutes respectent un strict alignement autour d’un autre stupa.

Du livre à la stèle

Le gigantisme de l’œuvre soulève de nombreuses questions, notamment sur la correspondance : combien une stèle représente-t-elle de pages ? La réponse n’est pas si évidente, mais on peut trouver un bout d’explication par une petite anecdote fort instructive (la véracité des dires restent encore à prouver, nous n’avons pas eu assez de temps pour vérifier toute l’exactitude des faits énoncés). Lors du 5ème concile ou synode bouddhiste qui s’est déroulé en 1871, plus de 2400 moines se succédèrent jours et nuits pour lire les stèles. La lecture dura 6 mois. Si l’on s’amusait à comparer avec certaines œuvres littéraires, on classerait Proust, Balzac comme des auteurs de petites nouvelles distrayantes.

Le plus grand livre du monde, la Paya Kuthodaw

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