La colline de Mandalay

Une colline, une ville, Mandalay. Combien de capitales ou anciennes capitales sont surplombées par une colline ? Lieu de refuge, de surveillance, elle sert aussi bien aux stratèges qu’aux dévots de toutes sortes. Cette colline dominant la cité est aussi le lieu où l’on se rapproche le plus des cieux et des dieux.

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Mandalay a sa colline avec son belvédère, son point de vue. Situé au nord-est du centre-ville, haute de 240 mètres, on accède à son sommet après une ascension de 45 mn. La montée se faits pieds nus par des escaliers couverts. Ce chemin aurait emprunté par Bouddha et un de ses disciples Anand, ce qui explique la sacralité du lieu.

L’ascension est rythmée par des petites étapes. A chacune d’elles, on peut découvrir différentes statues de bouddha ou de personnages clés dans la cosmogonie bouddhiste ou de l’histoire de la ville. Ainsi à l’avant dernière étape, une statue qui au premier abord n’a pas de grand intérêt et pourtant… il s’agit de l’ogresse Sanda Muhki qui pour honorer Bouddha, offrit en cadeau ses seins ! En remerciement à ce geste, Bouddha augura qu’elle renaîtrait en roi qui bâtirait une cité au pied de cette colline. 2400 ans plus tard, le roi Mindon Min érigea les premiers bâtiments de sa nouvelle capitale. On comprend après ce récit pourquoi on trouve autant d’ogres dans toutes les représentations jalonnant l’ascension.

Après cette étape bien instructive, on arrive au sommet, on s’attend alors à tomber nez à nez avec un stupa comme il est fréquent au Myanmar. Ici, une construction en béton, brute, il s’agit de la pagode Sutaugpyei sans charme (dont les fonctions échappent encore à notre compréhension vu l’inactivité du lieu).

Dans tous les cas, il y a la vue, le panorama. On peut alors saisir la grandeur de lMandalay se perdant dans la plaine, son étalement sur des kilomètres, jusqu’à ce que votre vue ne distingue plus les détails en raison des nuages de pollution. C’est aussi ça la modernité en Asie, c’est la malencontreuse compensation à une modernité que l’on veut à tout pris rattraper. Mais malgré ce constat affligeant, même pour les esprits chagrins, vous serez d’abord fascinés par la vue sur les murailles et les douves du palais, puis par la Paya Kuthodaw et ses centaines de stupas. L’agencement, la blancheur des zédis, la couleur or du stupa central, la grandeur du site de la pagode « au plus grand livre du monde » ne peuvent qu’interpeller. Et de fait tout cela apparaît comme une bien belle contrepartie de l’effort produit pour monter jusqu’ici. Certains jours et selon le moment de la journée en raison de l’évaporation, on aperçoit vers l’ouest le fleuve mythique, l’Ayeyarwady.

La magie est encore plus grande au coucher de soleil. La lumière transforme le blanc en ocre, le jaune en pourpre, les ombres se font plus grandes, des angles nouveaux s’ouvrent et l’excitation de prendre le bon cliché aiguise l’appétit du voyageur photographe…

N’ayez crainte, il y a peu de touristes au sommet, les marches, l’effort à accomplir pour y accéder, la gangue de chaleur découragent un grand nombre de curieux.

Informations pour accéder à la colline de Mandalay :

Pour accéder au sommet de la colline, il y a deux entrées principales : celle sur le flanc sud (Chinthe hnakaung atet) où l’on passe entre les habituels chinthes protecteurs – hybride de lion et de dragon – et la porte sur le flanc est. Peu importe, la porte que vous choisirez, elle se rejoigne au milieu de l’ascension. L’effort est le même !

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