Le chantier naval de Myeik

Myeik possède l’un des chantiers naval du Myanmar les plus dynamiques d’Asie, il est à l’image du pays, entre tradition et modernité, entre artisanat et industrie naissante.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Étalé sur plusieurs hectares, le chantier naval  est à quelques kilomètres du centre-ville de Myeik. Sans arbre, sans ombre, des dizaines de bateaux sont posés tout le long de ce chantier, en attendant d’être réparés pour certains ou d’être finis pour d’autres.

On y trouve surtout des embarcations destinées à la pêche. Pas de yatch, pas de ferry, quelques barges et pour l’essentiel des bateaux traditionnels birmans. En fait de tradition, il n’est que de nom. Car la Birmanie ne pratique que depuis peu la pêche industrielle.

En effet, jusqu’aux années 90, l’exploitation des ressources maritimes ne concernait que de petits groupe de pêcheurs. La flotte maritime était surtout composée d’un ensemble de petits bateaux disparates. Ne pouvant contenir que quelques hommes (3 ou 4), la pêche était surtout une activité artisanale ne concernant que quelques familles.

Myeik est situé non loin de l’archipel Mergui, cette zone a surtout été exploitée par une autre communauté de pêcheurs, les fameux gitans de la mer. De fait, toute la zone de l’archipel a été préservée d’une exploitation de masse et offre donc maintenant un riche potentiel de développement économique. Le gouvernement birman l’a bien compris et essaye de développer cette nouvelle opportunité. Depuis une quinzaine d’année, le chantier naval de Myeik s’est donc spécialisé dans la construction de ces bateaux. Grâce à l’apport de capitaux étranger et à la main d’œuvre peu chère, le retard sur les pays voisins commence à être comblé. La construction navale et l’exploitation des ressources matérialisent une idéologie libérale de plus en plus présente dans toutes les activités birmanes.

Ces bateaux peuvent donc accueillir à leur bord une bonne dizaine de marins, mais surtout étant plus gros, ils permettent aux marins de rester plusieurs jours en mer et de s’éloigner des côtes afin de trouver des nouvelles zones à exploiter. Si l’exploitation des ressources maritimes tend vers une industrialisation, la construction maritime repose encore sur une production beaucoup plus artisanale. Certes le nombre d’ouvriers sur le chantier est significatif, mais l’équipement demeure sommaire. Pas d’engin énorme pour assister l’homme, pas de haute technologie, pas de chaîne de montage à proprement dit, un outillage limité à l’essentiel, bref, nous sommes là dans des chantiers où tout ce fait à la force de la main.

Le matériau de base des bateaux reste le bois, de la coque à la cabine. Découpé à la tronçonneuse, sont assemblées petit à petit toutes les parties composant ce bateau long d’une quinzaine de mètre. Leur forme est facilement reconnaissable, par leur longueur, leur hauteur qui donnent au spectateur une impression que le bateau a été compressé à l’avant et à l’arrière. Ils ont une certaine allure. La durée moyenne de la construction est de 3 mois, sans la mise en place du moteur.

Si vous souhaitez en acquérir un, il vous faudra vous rendre au chantier naval de Myeik, trouver un traducteur et surtout débourser la somme de 80 000 euros… et les autorisations pour le sortir des eaux territoriales, ce qui est une autre grosse problématique.

 Tout sur Myeik : 
A la découverte de Myeik et de sa rue des temples 
A la découverte de Myeik et de son patrimoine architectural  
De la noix de cajou au tourisme de pauvreté 
Myeik, le séchage de poissons, du tourisme au voyeurisme ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.