Fous de l’Inde de Régis Airault

Couverture d’ouvrage : Fous de l’Inde de Régis Airault

Le voyage rend-il fou ? Des destinations provoqueraient-elles des délires, des syndromes particuliers chez certains voyageurs ? A travers l’exemple de l’Inde, Régis Airault, psychiatre, présente ce lien étrange qui apparait entre voyage et psychiatrie.

La chose n’est pas nouvelle, le voyage entraine souvent des répercussions sur son rapport à soi et sur son rapport au monde. Mais si l’expérience est en général bien gérée, pour quelques voyageurs cela peut se transformer en traumatisme ou, du moins, révélé des carences ou des faiblesses dans la psyché du voyageur.

Syndrome de Stendhal

Pendant longtemps, on a fourré tous ces symptômes sous la même appellation de syndrome  de Stendhal. L’histoire veut que l’écrivain français en découvrant les peintures d’une église à Florence, lors de son voyage en Italie, fût pris d’un malaise, d’un étourdissement l’obligeant à s’assoir et à prendre son temps pour se ressaisir. C’est en fait un malaise dû à l’admiration d’une œuvre d’art.

Sentiment Océanique

Régis Airault, de par sa formation de psychiatre et de par sa position au sein de l’ambassade en Inde, a pendant plusieurs années eu le temps de décortiquer ce syndrome indien qui touche nombre de touristes occidentaux se rendant à Goa, Delhi et surtout Pondichéry. Il nous dépeint des individus, jeunes pour la plupart, qui semblent au départ dans des dispositions normales et qui voient leur identité, leur équilibre psychologique totalement vacillé. La prise en charge est alors obligatoire et, chose vraiment surprenant, l’équilibre, la disparition du symptôme s’opère la plupart du temps juste en replaçant l’individu dans un cadre culturel  familier. L’essentiel est là retrouver ses marques, ses repères, pour se reprendre d’une fragilité révélant toute l’ambiguïté des constructions identitaires.

Syndrome du voyageur

Le livre regorge d’exemples et fait découvrir une Inde à travers non pas les poncifs habituels sur telles ou telles régions, mais sur les représentations culturelles que les voyageurs amènent avec eux. Ce n’est donc pas tant une destination que l’on découvre, que la façon dont on pense une destination.

Un autre aspect amusant du livre est cette mise en perspective des différents lieux où l’on peut observer ces syndromes du voyageur. Pour les Européens l’Inde est un lieu privilégié, pour d’autres cela peut être Paris. Le voyage, une destination n’est jamais totalement choisie au hasard et laisse entrevoir surtout les constructions culturelles qui se cachent derrière cette liberté de choix.

Les fous de l’Inde est un ouvrage qui se lit facilement et permet d’entrevoir une analyse fine qui peut contenter tous les lecteurs.

 

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