Bangkok, l’envahissement des jonquilles d’eau

Comme chaque année, le Chao Phraya se recouvre d’une espèce invasive, la jonquille d’eau. Si la jonquille européenne s’apparente à une petite fleur, la jonquille d’eau en Asie est parfois  une espèce des plus nuisibles.

Bangkok, l’envahissement des jonquilles d’eau

Le Chao Praya est un fleuve bien particulier. Se jetant dans le golf de Siam, il serpente sur des centaines de kilomètres à l’intérieur des terres. Loin d’être un simple cours d’eau, la Chao Phraya est un axe très important pour le transport des marchandises.

C’est un fleuve qui joue également un rôle pour le drainage des importantes pluies de la mousson. La culture thaïlandaise a donc, avec les années, su apprivoiser ou du moins s’adapter aux aléas et aux turpitudes du fleuve.

Le rôle des exploitations agricoles

Mais voilà depuis quelques décennies, un nouveau fléau vient quelque peu embrouiller la bonne entente que les hommes avaient pu nouer avec le Chao Phraya.

En effet, avec les cultures intensives et la généreuse utilisation d’engrais chimique dans de nombreuses exploitations agricoles, quantité d’azote, de nitrate et de potasse est rejetée dans le fleuve. Or une espèce raffole de ce petit cocktail, la jonquille d’eau[i].

La jonquille d’eau pousse naturellement dans les eaux calmes et dans des zones limitées de l’estuaire du Chao Phraya. L’inconvénient est justement là, l’accumulation de ces engrais dans l’estuaire facilite la croissance exponentielle de la plante. De petites zones, elle envahit des hectares entiers. Son développement est tel qu’elle ne laisse plus la lumière pénétrer. Cette absence a pour conséquence d’appauvrir l’écosystème. Mais au-delà de ce point donné, arrive une nouvelle problématique : la migration et l’invasion de la plante en amont du fleuve.

Bangkok, l’envahissement des jonquilles d’eau

La migration des jonquilles d’eau

En raison des effets conjugués des fortes précipitations de la mousson et de la forte amplitude des marées (notamment en cette période), se détachent des pans entiers ou des champs entiers de jacinthes. Au lieu de partir en mer, elles sont ‘aspirées’ et remontent le fleuve. Le Chao Phraya se voit alors envahi de ces plantes sur les 2/3 de sa largeur à certains endroits.

On peut alors voir passer des îlots de verdures qui se fracassent sur les ponts, se disséminaient dans tous les recoins.

Les jonquilles sont loin d’être de petites plantes. Elles peuvent atteindre les 70 cm de haut au-dessus des eaux et ont des rhizomes en quantité. Les feuilles sont assez charnues, avec des feuilles bien épaisses. Elles font la joie des ibis et autres oiseaux, mais sont de vrais cauchemars pour beaucoup.

En effet, elles compliquent la navigation des nombreux bateaux, bouchent les sorties d’évacuation des eaux des khlong, abiment quantité de pompes et surtout provoquent des conséquences notables sur l’environnement.

Bangkok, l’envahissement des jonquilles d’eau

La lutte contre une espèce invasive

Du coup le combat est maintenant engagé contre cet envahisseur.

Sur le fleuve, plusieurs bateaux équipés de tapis roulant attrapent des centaines de kilos de jonquilles quotidiennement. Sur les berges, des camions attendent pour réceptionner la maudite plante.

La grande nouveauté est que depuis peu c’est mis en place une valorisation de cette plante mal-aimée. Une petite quantité est maintenant traitée pour faire des fibres qui servent, par la suite, à la construction de petits meubles. L’objectif est maintenant lancé, que du fléau soit créé un cercle économique vertueux.

Cependant, il serait aussi pertinent que les solutions prennent en compte non pas la seule plante, mais la source du problème, c’est à dire l’utilisation intensive de produits phytosanitaires dans les exploitations agricoles.

[i] Le terme jonquille d’eau est ici utilisé, car on nous l’a traduit ainsi… si un spécialiste peut donner quelques précisions, nous en serons ravis.

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