Balade autour du Wat Suwannaram – épisode 17

Comme souvent le quartier de Thomburi de Bangkok a quelques surprises qui ne peuvent que ravir l’amoureux-se des balades et des Wat, le Suwannaram en est une.

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C’est donc dans le quartier de Thomburi, l’ancienne capitale du Siam, que l’on peut trouver ce temple si particulier. Le temple est, hélas, connu pour avoir été le lieu d’exécution des prisonniers de guerre birmans (Camp Bagkaew) sous le roi Taksin.

De l’extérieur, il est à vrai dire assez proche des autres temples bouddhistes. Même si la construction du Suwannaram date de la période d’Ayutthaya et qu’il a subi deux campagnes de restauration sous Rama I et puis Rama V, le Wat Suwannaram n’a rien de vraiment extraordinaire à première vue.

Le plus important est à l’intérieur, plus précisément dans son Ubosot. On y découvre des peintures murales de toute beauté. Elles ont un intérêt ethnologique et historique unique. Le Wat Suwannaram est plus qu’un temple, il s’agit d’un livre ouvert sur l’histoire passée et des pratiques unisitées.

Dans le pur style thaïlandais, elles présentent un grand nombre de scénettes de vie, d’épisodes historiques notamment sous Rama III, mais également de grands panoramas des palais, des villes et de paysages. Ces derniers, par ailleurs, permettent de scinder les histoires, ils forment, en quelque sorte, une frontière invitant le spectateur à passer à la scène suivante. Ces paysages aèrent l’ensemble, évitant une trop grande présence d’histoires et facilitant donc la lecture ou l’observation.

Les mythes avec leurs personnages chimériques se mélangent aux autres scènes, elles symbolisent l’importance des croyances dans la culture thaïe, leur imbrication dans la vie de tous les jours. On y découvre notamment les grands épisodes du « Jataka », récit des vies antérieures de Bouddha (murs latéraux), de sa victoire sur Mara (juste à l’entrée), et toute la cosmogonie bouddhique (mur sud).

On remarquera la distinction qui s’opère entre les descriptions des catégories sociales : pour les classes sociales privilégiées et les personnages mythiques, il y a un respect des positions, des figures strictes et stylisées. A l’inverse, pour la plèbe, tous sont dans des positions disgracieuses, ridicules prêtant parfois à sourire.

Très stylisées, les peintures sont caractéristiques de la technique thaïe : les dessins sont réalisés en deux dimensions et la perspective permet aux spectateurs, même assis sur le sol, de s’immerger totalement dans le sujet.

Un Wat qui permet de s’initier à l’art classique thaïe, surtout que ces peintures sont les dernières à être encore à la vue de tous, car en raison de leur âge et du climat peu clément pour de telles œuvres, beaucoup disparaissent ou se retrouvent derrières des vitres peu valorisantes.

Le Wat Suwannaram est un lieu peu fréquenté par les touristes, il peut faire partie d’une étape dans la découverte de Thomburi… et d’autres Wat que nous avons décrits précédemment dans nos balades autour des Wat.

Le Wat Suwannaram longe le canal/khlong Noi à l’arrière du Siriraj Museum

Si l’on veut pleinement profiter des peintures murales, il est nécessaire de venir avant l’office de 17h00 qui est réservé aux bonzes (voir la vidéo ci-dessous).

 
 

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