Théo Courant

 

Chroniques quotidiennes d'infos culturelles, de trucs et astuces pour les voyageurs et autres curieux en Asie du Sud-Est!



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Asie. De la gym traditionnelle à la gym tonic

 

Que vous soyez à la sortie de la station du BTS Saphan Taksin à Bangkok, que vous alliez faire vos courses au Big C en fin d’après-midi, que vous vous promeniez non loin du Chao Phraya et même que vous soyez , de manière plus générale, au Laos, en Thaïlande ou au Cambodge, vous pouvez tomber nez à nez avec une pratique fort sympathique que bon nombre de citadins adoptent en Asie : la danse ou la gym en plein espace public (parc, parking de supermarché). Nous ne parlons pas ici des exercices matinaux traditionnels tels que le taïchi que l’on peut voir par exemple dans les parcs à Hanoï. Non, ici nous sommes dans une manifestation de groupe, bruyante et surprenante : la gym tonic. Grosso modo, la disposition et le matériel sont toujours les mêmes. Une place, suffisamment grande pour contenir une centaine de personnes. Une estrade d’une hauteur raisonnable d’un mètre de haut – afin que le maximum de personnes puissent voir le professeur –, sur 3 mètres de large pour que le dit-professeur puisse accomplir tous les exercices sans la moindre crainte de chute. Car du mouvement, il va y avoir. Véronique et Davina ont des émules partout dans le monde. Pour bouger tout ce petit monde, des enceintes, du gros du lourd. Pas n’importe quoi, l’intention est que tout le monde attende bien le rythme et la mélodie à base de 110 BPM (ici, nous sommes obligés de reprendre quelques terminologies propres à la musique techno… BPM signifiant Battement Par Minute, cela donne le tempo du son. Pour nos aînés, une petite comparaison, il faut savoir qu’un disque comme le « chef d’œuvre » de Michel Sardou, Le lac du Connemara est lui à 65 voire 70 pour le refrain !!). Donc le tempo ou du moins le BPM est bien présent, ça tape dur et les professeurs se donnent beaucoup pour réussir à faire bouger leurs plus fidèles participants. Il est d’ailleurs amusant de voir le décalage entre le dynamisme du prof et la nonchalance de certains danseurs/danseuses.

Au-delà de ça, pour l’européen, cette démonstration collective peut paraître cocasse. En fait, il révèle surtout les caractères culturels du sport et du rapport intime que l’on entretient entre image de soi et sport. Là où en Occident, club de sport, de gym se cantonnent dans un espace privé, nous avons ici, une démonstration publique et donc visible par tous. D’ailleurs, notre terminologie révèle également une autre distinction : nous allons en cours de danse, de gym et nous ne nous rendons pas sur le parking d’une grande surface pour cela. Les espaces sont cantonnés, le vocabulaire est choisi et souligne la distinction. On ne mélange pas le fait d’aller faire les courses et la gym (on a d’ailleurs une tenue pour chacune de ces activités). On distingue bien l’un et l’autre. Ici, à Bangkok, vous pouvez voir des personnes s’époumoner à suivre le rythme juste à côté de leur caddy (quid des produits congelés ?). De même, moi-même, je souligne le côté amusant de la nonchalance de la plupart des participants, mais là aussi, on peut noter des aspects très culturels de ce rapport au sport. Qui dit participation à une activité sportive signifie bien souvent une recherche précise. Pour l’européen, il s’agira dans bien des cas, d’une recherche de performance (aller au même rythme que le professionnel sur l’estrade) et efficacité (si possible perdre du poids et se muscler donc s’appliquer et s’investir au maximum). Pour les gymnastes du Big C, il s’agit surtout de faire un exercice d’entretien, de participer dans une décontraction toute relative à une activité physique. Rien de plus. Il y a beaucoup à dire sur cette simple manifestation sportive, notamment sur bien d’autres aspects, la discipline, la question du genre, le look qui est un sujet à part entière, etc. bref de nombreux autres éléments qui nourriront peut-être un prochain micro-post ethno-touristique !

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