La Thaïlande, une société du jeu et des paris ? 2/2

Dans le premier post nous avons aborder la question des jeux en Thaïlande, mais ce pays est aussi connu pour sa frénésie des paris, un jeu dans le jeu…

La Thaïlande, une société du jeu et des paris ? 2/2

Au premier abord les paris ne sont pas très visibles et pourtant quand on regarde bien, on se rend compte qu’ils sont présents un peu partout et bien souvent de manière illicite.

Les paris sont souvent un jeu dans le jeu. Pour bien comprendre, il suffit d’observer cette pratique quand elle est licite comme dans le monde de l’hippisme. En effet, ils sont en soi indissociables des courses de chevaux. Ici, le jeu dans le jeu est normal, il est même nécessaire, c’est un choix libre et sans danger. On le pratique à la vue de tous, c’est officiel.

Mais il y a en Thaïlande tous les paris illicites. Ils sont nombreux et concernent parfois des compétitions très surprenantes, comme les combats de poissons. En effet, on peut assister dans quelques bars de la capitale, à ce genre de manifestations. Autant le dire tout de suite, la patience est de mise. Le principe est simple : deux poissons sont placés dans un même récipient, celui qui arrive à faire descendre l’autre a gagné. Les poissons se font cependant mal, et même, si ce n’est pas aussi sanguinolent qu’un combat de coqs, cela reste un combat violent pour l’animal.

Un bocal de poissons combattants

Un bocal de poissons combattants

Ce genre de paris se situe dans un espace illicite, les parieurs jouent tout autant sur des poissons que sur l’espoir ou la ruse de ne pas se faire attraper par les autorités. Il s’agit d’un jeu dans le jeu. On peut remarquer également que le jeu dans le jeu se retrouve aussi pour la loterie. En effet, en Thaïlande, on compte deux jeux de loteries : l’officiel et l’officieux. Dans tous les cas, le tirage est le même : c’est l’officiel qui donne les numéros gagnants, l’officieux qui suit. L’un est soumis aux règles gouvernementales, l’autre est libre de taxes et est conditionné par des règles souterraines… mais attention de ne pas se faire attraper.

Il en est de même pour un match de Muay Thai, il est difficile de passer à côté du spectacle de la prise des paris. On y observe, comme c’est le cas pour les matchs se déroulant au studio de TV Channel 8 de Bangkok, les panneaux d’interdiction de paris écrits en gros caractères aux 4 coins de la salle. Peu importe les avertissements, tout le monde consent que la Muay Thai ne serait pas aussi populaire s’il n’y avait pas cette possibilité aux spectateurs de participer, à sa façon, au spectacle en cours. Le jeu est partout, au centre de la pièce et tout autour. Il y a, pour les parieurs, comme une double tension entre le fait de supporter tout à la fois son poulain et en même temps son pari.

Les paris illicites, en tant que tels, ne sont pas une spécificité thaïlandaise, même si on les retrouve souvent, ils sont seulement plus visibles que dans de nombreux autres pays. Ils soulignent surtout cette prégnance du jeu dans tous les domaines que ce soit officiel ou officieux, dans le quotidien ou dans les moments sacrés. En effet, même dans les rituels religieux on peut retrouver cet usage. On pense ici aux fameux bâtonnets de Fortune. Il s’agit d’un rituel que l’on peut voir dans un bon nombre de temples bouddhistes. Le principe est simple : le croyant se saisit d’un récipient sacré qui contient des bâtons numérotés. Face à l’autel, il doit secouer la boite avec une certaine vivacité. Le but est de faire tomber un seul bâtonnet. Si jamais deux baguettes tombent en même temps, il doit recommencer. Une fois le bout de bois au sol, il lui suffit de lire le numéro et de consulter les fiches divinatoires mises à disposition. Jeu ou pratique sacrée ? S’agit-il simplement d’un jeu de hasard ou d’un rituel où se manifeste le destin ? Où ranger cette pratique ?

Reste la question de départ, la Thaïlande, une société du jeu ou pas ? Si aucune réponse définitive ne peut être avancée, on se rend compte que le jeu est omniprésent dans tous les pans de la société, qu’elle concerne tout autant hommes et femmes, que jeunes et moins jeunes et toutes les catégories sociales. En fait, plus le temps passe, plus la citation de Leibniz semble universelle et laisse penser que nous passons peut-être de l’Homo Sapien à l’Homo Ludens.

 A voir et à lire  notre premier post concernant  les jeux en Thaïlande

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